Captures préventives

Je n’aurais jamais dû annoncer que, pour m’aider dans ma lutte contre eux, j’allais recruter des alliés parmi les blogueurs. De ma faute, la blogosphère est maintenant en danger. Ils ont déjà commencé à prendre des mesures préventives pour éviter que cette alliance s’accroisse.

Cette semaine, deux alliées potentielles ont subitement disparu. |Jas| et la Mystificatrice. J’espère qu’elles n’ont pas souffert.

Soyez prudents, la prochaine victime pourrait être vous.

La prochaine victime pourrait être moi…

Au feu

Je traversais la rue à une intersection importante du centre-ville. Le feu de circulation est passé au rouge comme j’arrivais en plein milieu!

Ils ont attendu ce moment précis pour le faire changer!

Heureusement que je cours vite! Ils ont presque réussi à me faire écraser par des dizaines de voitures!

Toys « R » Them

Des allées d’armes, d’instruments de torture, de petits robots, de créatures extra-terrestres, de mutants poilus, d’explosifs roses, d’engins de destruction massive, de masques de guerre, de soldats mécaniques, de substances toxiques gluantes multicolores… Du danger à grande surface pour le plaisir de vos enfants.

Rien n’est plus dangereux qu’un magasin de jouets.

Si j’avais le choix, je n’y mettrais jamais les pieds. Cependant, puisqu’ils ne se sont pas encore attaqués à ma famille, j’ai encore mes gentils neveux et nièces à qui je dois faire des cadeaux de temps en temps. Malheureusement, les petits ne se contenteraient pas de simples vêtements. J’aimerais bien leur donner des bas, par exemple. C’est confortable, des bas. Ça garde au chaud et ça protège les orteils. Ça empêche qu’une petite miette croustillante perce la peau douce de la plante du pied. Ça monte même sur la cheville pour encore plus de protection. Il y en a aussi de toutes les couleurs, ce qui permet de mélanger les paires pour une touche d’originalité. C’est bien, des bas.

Mais les enfants préfèrent les jouets.

Je me suis rendu au magasin en sachant très bien qu’ils m’y attendraient. D’ailleurs, dès mon arrivée, ils m’ont signalé qu’ils m’avaient à l’oeil. Les portes coulissantes se sont ouvertes toutes seules! C’était leur façon de me narguer en m’invitant à entrer dans leur domaine de violence en boites colorées.

J’ai gonflé le torse, redressé le menton et je suis entré. Je n’allais pas me laisser intimider ainsi. J’avais une mission importante à accomplir. Des jouets à acheter.

C’était désert. Ils avaient déjà nettoyé le magasin des clients précédents. Les tuiles du plancher, luisantes sous les néons, venaient visiblement d’être lavées pour effacer, non seulement les trainées de sang des victimes démembrées, mais aussi la glu visqueuse de leurs limaces carnivores. Ces créatures dégoutantes qui devaient maintenant se terrer quelque part derrière une porte identifiée « employés seulement », pour digérer leurs repas…

C’était une chance pour moi. Ces monstres repus n’étaient sans doute pas prêts à s’attaquer à un nouveau repas. Pas de temps à perdre.

Un troupeau de peluches, perchées sur leur étalage, me regardèrent passer d’un air surpris. Leurs yeux féroces et exorbités ne clignèrent même pas. J’ai gardé une bonne distance entre elles et moi, puisque ces piranhas poilus pouvaient achever une victime en moins d’une dizaine de secondes. Elles sont bien moins dangereuses quand elles sont seules. J’en ai déjà vu une dans une chambre à coucher qui attendait sagement la venue de la nuit pour dévorer des orteils. Détail intéressant, les bas peuvent aussi nous protéger de leurs morsures.

Le jouet que je voulais n’était pas là. Il y avait tous les autres modèles de la série, toutes les autres couleurs, mais pas celui que je devais acheter. Ils avaient prévu le coup et m’obligeaient ainsi à rester dans le magasin plus longtemps, alors que je chercherais un jouet de remplacement.

Sans avertissement, deux soldats miniatures, grands comme des enfants, surgirent au bout de l’allée. Leurs petites mains tenaient des épées colorées. Les lames étaient faites d’un matériau extra-terrestre biorganique plus tranchant qu’un rayon laser. Et ils couraient vers moi.

Adrénaline. Mon coeur se mit à pomper cette énergie puissante qui m’a sauvé la vie plus d’une fois. Les battements retentissaient dans mes oreilles, un peu comme une sirène d’alarme. Mon cerveau pensait plus vite que l’éclair. Le temps ralentissait. Ma vision captait, scrutait et analysait les moindres détails multicolores.

Essaie-moi.

Une boite bleue à demi ouverte, sur une tablette à ma droite, attira mon attention. De grosses lettres éclatantes sur un fond étoilé épelaient la solution.

Rétropistolet ionique multi-phase.

L’engin était emballé de façon à laisser la gâchette découverte, et une flèche rouge et or suggérait de l’essayer. Les petits soldats n’étaient qu’à quelques pas de me trancher.

D’un mouvement agile et vif, j’ai empoigné l’arme et l’ai dirigée vers eux, sans la sortir de sa boite. Le rétropistolet ne pesait presque rien et semblait avoir été conçu pour s’adapter aux petites mains de leurs soldats. J’ai visé le premier et, sans hésiter, j’ai appuyé sur la gâchette.

Un son aigu retentit, et j’ai reconnu l’oscillation caractéristique d’une arme ionique de puissance quatorze. Sur le côté du canon, une bande lumineuse clignota en même temps, indiquant que les phases étaient parfaitement alignées. Si le faisceau avait touché un humain, le pauvre aurait implosé sur-le-champ, laissant à sa place une motte grumeleuse fumante.

Mais ils étaient bien plus résistants.

Le premier soldat cessa de courir et me dévisagea d’un air surpris. Il n’aurait jamais cru que j’aurais eu l’audace d’utiliser une de leurs armes contre lui. L’autre se posta derrière, pour se protéger. J’ai profité de cette fraction de seconde d’hésitation de leur part pour m’emparer d’un deuxième rétropistolet et j’ai tiré de plus belle.

Les effets commencèrent à se faire sentir sur son petit corps. Il porta une main à son coeur et poussa un faible gémissement. Le deuxième soldat fronçait les sourcils, comme s’il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. En fait, moi non plus je ne savais pas ce qui était en train de se passer.

Le premier soldat commença à rire. Il leva son épée à bout de bras, montra ses crocs et gueula un cri de guerre. Mais cette attitude menaçante n’était pas pour moi… Il s’attaqua à son confrère! Le rétropistolet l’avait reprogrammé!

Les deux engagèrent alors un combat violent qui s’annonçait d’envergure épique. Je n’allais toutefois pas en observer le déroulement pour connaitre le vainqueur. Oh non. J’ai plutôt profité de ce revirement de situation pour m’enfuir par la sortie la plus proche. J’ai couru tellement vite qu’ils ont à peine eu le temps de faire ouvrir les portes coulissantes.

J’avais réussi à sortir vivant, mais j’avais échoué ma mission de repartir avec un jouet.

Je vais devoir revenir. D’ici là, j’achèterai des bas…

Soldat en poste

Récemment, un blogueur a lancé le « blogue par la poste ». C’est un jeu qui peut sembler intéressant pour plusieurs, mais j’ai tout de suite reconnu un stratagème pour localiser de futures victimes. Ils utilisent vraiment des tactiques malhonnêtes.

Par hasard, j’ai obtenu l’adresse d’une pauvre participante à ce jeu. Je me suis empressé de lui faire parvenir un objet pour l’aider à se défendre de leurs attaques imminentes. J’espère que mon aide est arrivée à temps et qu’elle a survécu. Je suis sans nouvelle et ça m’inquiète.

De mon côté, je savais qu’ils allaient profiter de ce jeu pour m’envoyer une mauvaise surprise par la poste. Je n’étais donc pas étonné de recevoir un colis cette semaine.

La grande enveloppe que j’ai reçue pesait assez lourd. Ils ont dû dépenser une fortune juste pour l’expédition. L’argent n’est jamais un problème pour eux, avec leurs ressources quasi illimitées. En fait, c’est presque surprenant que mon colis n’ait pas été plus volumineux. Leurs experts en miniaturisation ont travaillé fort.

Par précaution, je me suis installé dans la baignoire pour déballer mon paquet. En cas d’explosion, je pouvais rapidement éteindre le feu avec la douche. J’ai aussi porté mes mitaines de four pour protéger mes mains de substances corrosives et je me suis mis un peu de miel sur la tête pour brouiller leur détecteur d’ondes cérébrales.

Il y avait cinq objets dans l’enveloppe. Une carte postale, un livre, un carnet de notes, un crayon et des chocolats. Tous des menaces.

Carte postale: Le texte, gentil et poli en apparence, parlait de l’arrivée prochaine des températures plus chaudes. Ils attendent impatiemment le moment que j’enlèverai mon armure-manteau et que je ne porterai plus de foulard derrière lequel cacher mon nez quand je respire. L’été est la saison où je suis le plus vulnérable et ils voulaient me dire que, s’ils ne m’avaient pas encore eu d’ici là, la prochaine saison serait ma dernière.

Livre: Ce petit livre contient des douzaines d’astuces pour fuir. Ils me croient sans doute assez stupide pour utiliser une des méthodes de fuite qu’ils me proposent. La riposte à chacune de ces astuces doit être planifiée depuis longtemps, et je m’attends à une capture rapide si je les applique. J’ai brulé ce livre sans attendre en lui faisant passer un long séjour dans mon grille-pain.

Carnet de notes: Chaque page est un reprotransmetteur tactile. La moindre information que j’inscrirai sera instantanément retransmise à leur quartier général. J’ai passé chaque page au mélangeur électrique, avec du jus de tomates, avant de faire disparaitre le tout dans les toilettes. Cela devrait momentanément créer de l’interférence sur leur réseau électronique.

Crayon: Un simple explosif. Le détonateur, situé à l’extrémité comme sur un stylo, est très tentant pour un écrivain comme moi. Heureusement, en plus d’être observateur, je suis très futé. Je n’ai jamais vu ce type de crayon avant et j’ai aussitôt détecté la supercherie. Je suis allé l’enterrer dans le sol gelé pour laisser Dame Nature le soin de le désamorcer.

Chocolats: De petites bouchées empoisonnées que j’ai fait disparaitre, une par une, en les laissant tomber dans la bouche d’égout la plus proche. Bon appétit, pauvres rats.

Je n’ai conservé aucune trace du dangereux contenu de cette enveloppe. J’espère que, si vous avez participé au blogue par la poste, vous avez fait preuve d’autant de prudence.

Et, de toute façon, j’ai fait des recherches. J’ai bien fait de me débarrasser de tout ce que j’ai reçu. La personne qui m’a envoyé ce colis n’était même pas une blogueuse!