Sans quartier

En sortant du wagon de métro, quelque chose d’anormal attire mon attention.

Je suis descendu à la station Rosemont, mais les écriteaux affichent «Beaubien». Les murs ne sont pas de la bonne couleur. L’architecture est différente. Même les escaliers ont été déplacés.

Bien sûr, le chauffeur de la rame de métro n’a pas attendu que je m’aperçoive de la supercherie avant de fermer les portes et de repartir. Il s’est empressé de quitter la station pour me laisser seul sur ce faux quai.

Pas tout à fait seul.

Une femme est aussi descendue ici. C’est louche. Je décide qu’il est mieux de sortir de la fausse station au plus vite. Je passe les tourniquets. Elle aussi. Je m’engage dans l’escalier mécanique et jette un coup d’oeil dans sa direction. Elle me suit.

Sur son épaule, elle transporte un énorme sac, sans aucun doute rempli de grenades à neutron et de mines radioactives. Elle fait semblant de ne pas me regarder, mais je sais qu’elle ne rate aucun de mes mouvements. Un appareil greffé à ses oreilles lui permet de capter les ondes télépathiques de tout ce qui l’entoure.

Je dois garder mon calme, car elle percevrait les battements accélérés de mon coeur comme un signal pour attaquer. Et, s’ils ont pu transformer une station de métro aussi efficacement, ils pourront effacer les traces d’une puissante explosion sans trop de difficulté. Il faut que je sorte avant de me faire enfouir sous des tonnes de béton pulvérisé. La femme se rapproche et n’est plus qu’à quelques pas.

Ils ont bloqué la porte pour me garder à l’intérieur.

Je pousse, mais un champ magnétique inversé retient la porte. J’appuie l’épaule et mets tout mon poids. Elle ne bouge pas. Mon visage se plisse d’efforts, mes pieds prennent une meilleure position sur le plancher, ma respiration devient grognement. Avec une lenteur alarmante, la porte s’entrouvre.

Un vent siffle par l’ouverture. Un micro-ouragan tente d’arracher ma veste ou de m’étrangler avec mon foulard. Je continue à pousser. La puissance du vent diminue. La tornade s’essouffle. La porte s’ouvre enfin. J’échappe à la femme explosive en courant.

Mais dehors, ce n’est pas mieux.

Tout le quartier a aussi été transformé.

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