À pareil

Encore un de mes clones.

Cette fois, c’est dans un wagon de métro que j’en croise un. Des cheveux noirs. Il porte des souliers. Lui aussi est assis. Un décompte discret me confirme qu’il possède le même nombre de doigts que moi. Pas de doute, c’est un de mes clones.

J’en rencontre de plus en plus.

Hier, c’était dans la file au guichet automatique. Je l’ai reconnu rapidement. Même couleur de peau, même couleur de manteau, même couleur de montre. Il venait même pour retirer de l’argent, lui aussi.

L’autre jour, au supermarché, j’ai même vu un clone qui s’était déguisé pour que je ne le reconnaisse pas. Son ample costume de grosse madame camouflait toutes les caractéristiques qu’ils m’avaient copiées. Mais je savais que, sous ce quadruple menton engonçant, se cachait une bouche avec mes dents.

Et ils sont rapides en plus. Alors que j’essayais de nouveaux vêtements, j’en ai aperçu un de l’autre côté de la fenêtre de la cabine. Il portait exactement ce que j’étais en train d’essayer. Je n’avais même pas encore arrêté mon choix.

Par contre, ils ne sont pas très minutieux. Plusieurs détails leur échappent. Le clone dans la cabine d’essayage était gaucher. Celui au supermarché parlait avec une voix trop grave. Celui du guichet automatique faisait un retrait de quarante dollars au lieu de quatre-vingts. Les sourcils de celui-ci, dans le métro, suivent la mauvaise courbure.

Tant qu’à me cloner, ils auraient pu faire un effort pour produire une copie parfaite.

Comme moi.

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