Propagande du troisième type

J’avance lentement dans le long corridor sans fenêtres. Une lumière violacée, dont la source m’échappe, se reflète sur des murs métalliques. Des colonnes sombres et recourbées longent les parois, mettant la voie que j’emprunte entre parenthèses. Des explosions résonnent tout près, accompagnées par le sifflement de rayons laser.

Je me trouve dans un vaisseau extra-terrestre.

Je regarde derrière, devant, le plancher, le plafond. Mon regard balaie l’architecture étrangère tellement vite que j’en suis étourdi. Le haut et le bas semblent inversés. Je fais quelques pas de côté, mais je reste coincé dans les reliefs et saillies du mur. Mes déplacements sont restreints. Je ne pourrai jamais fuir avec des mouvements aussi limités.

Ils s’approchent.

Mon coeur s’accélère. Je transpire déjà, même si j’ai à peine bougé. Ma respiration s’est rarement effectuée de façon aussi saccadée. Je vois des points rouges partout autour de moi. La nervosité cause une désorientation totale. Le plancher, c’est en bas ou en haut? Aller à gauche? Revenir sur mes pas?

Détonations. Coups de feu. Explosions.

Pouls effréné.

Angoisse.

L’un d’eux s’engage dans le corridor. Un colosse en armure futuriste, dont la silhouette rappelle celle d’un joueur de football américain. La visière opaque de son casque empêche de voir son visage, mais il n’en a probablement pas. Cette armure est l’exosquelette d’un hybride cybernétique. De toute façon, ce n’est pas le moment de me soucier de la couleur de ses yeux ou de la configuration de sa pilosité faciale.

Le canon de son arme est braqué sur moi.

Je déteste les affrontements. Je préfère éviter les combats. La fuite est toujours la meilleure option. Sauf cette fois. La fuite aurait comme simple conséquence de le laisser me tirer dans le dos à bout portant. Je suis tellement désorienté que je me déplace avec autant d’agilité qu’un hippopotame obèse ivre. Je ne peux pas courir. L’hybride semble le savoir et fonce droit vers moi.

Mais le canon de mon arme est aussi braqué sur lui.

J’enfonce les gâchettes. Mon canon crache des dizaines de balles. La violence de mon attaque vibre dans mes mains. Je tente de garder la mire sur son corps. Je vise le coeur. Je vise la tête. Je vise partout. Je le peinture de balles. Je lance même une grenade qui va exploser dans le corridor derrière lui. Un feu d’artifice de violence.

Et il tombe.

Le cadavre s’affaisse comme une marionnette aux fils coupés. J’ai abattu ma cible. Une cible. Parmi tant d’autres. Le bruit de fusillades poursuit son rugissement à la sortie du corridor. Ou à l’entrée.

Un autre attaquant surgit à l’extrémité de mon champ de vision. J’essaie de me retourner, mais tout ce que j’arrive à faire, c’est d’avoir un angle de vue inutile sur le plafond. Pendant ce temps, il me mitraille. Des fléchettes roses saturent le corridor et transpercent mon corps à multiples reprises. Ma vie s’efface à vue d’oeil. Incapable de riposter. Impossible de me défendre. Aucune chance de fuir.

Je meurs.

Durant un bref moment, je me vois moi-même, de l’extérieur. Ma carcasse est écrasée contre le mur, dans un angle inversé invraisemblable. J’aperçois mon assassin qui poursuit son chemin vers sa prochaine victime.

Je débranche la console.

Croient-ils vraiment que je vais les laisser s’entrainer à m’éliminer?

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