Urine trouble

Je n’aurais pas dû boire de l’eau.

Par sa simplicité, leur stratagème passait presque inaperçu. Ils avaient commencé par augmenter la température lentement. Chaque jour, il faisait un peu plus chaud et, après trois ou quatre semaines, la canicule devenait plausible. Il faisait maintenant très chaud, et cela semblait tout à fait normal.

Comme n’importe quel humain, lorsque j’ai chaud, je transpire. Des gouttes de sueur glissaient sur mon front. J’avais le dos humide. Mon corps devenait une moiteur généralisée et je me sentais faiblir.

À ce moment, j’ai cru que leur plan consistait à me déshydrater. Une fois desséché, mes restes poudreux serviraient d’engrais à des champignons phosphorescents qui poussent sur les murs de leurs villes souterraines. J’ai donc rapidement trouvé un abreuvoir où j’ai pu boire une généreuse quantité d’eau.

Ils avaient ajouté un puissant diurétique à l’eau. Puisque j’avais bu énormément pour prévenir ma déshydratation, une grande quantité du produit chimique se répandit dans mon organisme.

J’ai eu envie. Beaucoup envie.

Des toilettes portables se trouvaient à quelques pas. Mais il était là, le piège. Un barbu obèse y était entré il y a plus de dix minutes et il n’en était pas ressorti. Dans ces fausses cabines individuelles, un gaz nocif engourdissait les victimes, avant de les téléporter directement dans une cellule à sécurité maximale d’une prison secrète. J’ai vite compris leur stratégie.

Ma vessie réclamait néanmoins un soulagement immédiat. Je devais trouver une solution de rechange et il était hors de question que je le fasse dans mon pantalon. J’aurais laissé une piste mouillée qu’ils auraient pu suivre facilement.

Un centre commercial.

Grâce à ma bonne connaissance de la géographie urbaine, je me suis rappelé qu’un petit centre commercial se trouvait qu’à quelques coins de rue. Malgré la chaleur accablante, j’ai couru jusque-là, en sachant que je serais accueilli par la fraicheur de l’air conditionné.

Rue, porte, escalier, foire alimentaire, toilette publique, urinoir.

Ouf.

Je songe dorénavant à m’équiper de couches pour me garder au sec, malgré la pluie et la chaleur.

2 réponses à Urine trouble

  1. Mazsellan dit :

    Des couches pour DeBleu. Ça ferait un pas pire titre ça aussi !

  2. Maxime DeBleu dit :

    @Mazsellan: D’ailleurs, ils utilisent des bébés plutoniens dans les publicités de couches. C’est pour cela qu’ils font pipi bleu.

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